"A Campo Abierto", une exposition de l'association Gallia à l'Alliance française de La Plata
Lundi 24 août, l'Alliance Française de La Plata a organisé une soirée en deux temps consacrée à la culture « gaucha », entre exposition photographique, cycle de conférences le tout enrichi de musique et de danses traditionnelles.
Une exposition présente dans tout le bâtiment
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Le rideau s'est levé à 18 heures avec Jérôme Guillot, président de l’association Gallia, qui a coorganisé l’évènement avec Gabriel Darrigan, président de l’Alliance française de La Plata. Le photographe franco-russe André Baranoff a présenté son exposition « A campo abierto » avec pas moins de 37 clichés noir et blanc. Loin d'être confinés à une seule salle, les œuvres étaient présentes dans tout l’édifice : du rez-de-chaussée à la salle de conférence en passant par l’escalier menant au premier étage. Au fil de sa propre déambulation, le visiteur découvrait par fragments le monde de la pampa argentine. Ce parti pris scénographique donnait à l'exposition une présence diffuse nous plongeant dans le monde des célèbres gauchos.
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Dans la salle de conférence, André Baranoff a expliqué quelques-unes de ses techniques pour réaliser ses photos. Il a détaillé sa méthode de tirage argentique à l'ancienne ; une manière de rappeler que la photographie, avant d'être une simple image, est le résultat d’un métier et d’un art à part entière. L’homme de lettres Roberto Romani est ensuite intervenu pour resituer son travail dans son style lyrique si caractéristique. Ses courts poèmes, qui accompagnent chacune des œuvres de Baranoff, dialoguent avec l’image et nous ouvrent des portes vers ce monde particulier et unique. Comme un clin d’œil à la France, patrie d’accueil de l’enfance du photographe, il a comparé le destin de cette Argentine traditionnelle à celui d’Antoine de St-Exupéry et de Gallia qui concentre ses recherches sur la présence française en Argentine. Son dernier ouvrage « San Carlos » raconte l’histoire singulière de ce château situé dans la Mésopotamie argentine et qui eut l’honneur de la visite du célèbre aviateur.
La pampa prend la parole
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Quelques instants plus tard, à l'invitation conjointe de la « Rinconada Criolla La Plata », de « l'Asociación Argentina de Escritores Tradicionalistas » et de « l'Agrupación Rinconada Criolla », ce sont les « gauchos » qui ont pris le relais pour ce second volet de la soirée.
Ana María Altamirano a consacré sa dissertation à Cesáreo Bernaldo de Quirós (1879-1968) qu’elle a présenté comme “le peintre de la patrie”. Le rapprochement n'a rien d'excessif : né à Gualeguay (Entre Ríos), là où justement vivent André Baranoff et Roberto Romani, cet artiste postimpressionniste consacra une grande partie de son œuvre à la culture « gaucha », au point que son exposition Los Gauchos, en 1928, fut saluée comme l'un des événements culturels majeurs de l'année et contribua à faire de la figure du « gaucho » un véritable archétype de l'identité nationale argentine.
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Carlos Raúl Risso poursuivit par une intervention consacrée aux origines du mot « gaucho » en revenant à la genèse de ces hommes et de leur culture, sorte de syncrétisme d’influence entre l’ancien et le nouveau monde ; un moment riche en information. Pour terminer, le chanteur et guitariste Guillermo Millán nous a présenté une autre facette, musicale cette fois, de ce monde fascinant avant que des couples de danse traditionnelle ne prennent le relais sur scène au rythme de la chacarera et de la zamba.
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La soirée s’est finalement conclue sur un apéritif, où entre les photos d’André Baranoff et les costumes des gauchos, les visiteurs, qui étaient plus d’une centaine, ont pu échanger avec les intervenants. L'Alliance Française de La Plata et toutes les associations et les bénévoles organisateurs de cet évènement, ont offert, le temps d'une soirée, un espace où l'image, la parole et le geste se sont répondus les uns aux autres sous le regard attentif d’un public captivé.
Ugo Contrino
Jérôme Guillot